Palermo Solo, Philippe Fusaro

Voilà un livre court mais vraiment riche, happant, plein d'émotions.
Pour vous donner une idée, je vous livre la 4è de couverture qui reflète très bien toute l'atmosphère absolument envoûtante de ce livre
"Le baron est né à l'aube du XXè siècle.
Le baron n'a rien vu, ni rien su de ce qu'était le XXè siècle dans sa seconde moitié.
Le baron est originaire de C.
Le baron a dû quitter sa vlle natale parce que la Mafia l'a condamné à ne plus y retourner, sauf le 2 novembre, jour de la Fête des Morts.
Le baron est un homme d'honneur, il paie sa dette de sang, il paie d'avoir battu à mort un garçon issu d'une famille d'un autre clan.
Le baron vit depuis plus de cinquante ans dans une suite du Grand Hôtel et des Palmes à Palerme, via Roma, à deux pas du port, à deux pas de la mer.
Le baron est une rumeur qui circule dans la ville blessée de Palerme".
Le baron ne tient pas spécialement de journal intime, même s'il a essayé au début. Mais on lit quand même ces pensées de temps à autre. Il a passé 10 ans enfermé dans la suite 204 de peur de croiser son ennemi dans le couloir.
Puis il passera le reste de sa vie enfermé dans l'hôtel. Il y rencontrera des acteurs connus, des gens moins connus mais tout aussi singuliers. Il va se lier d'amitié avec le barman, Matteo, avec Elsa la femme de chambre, ainsi qu'avec Michele et Franco, de la direction.
Et puis il va rencontrer celle qui ressemble fortement à Ava Gardner.
Je crois que j'ai lu là mon premier coup de coeur de l'année. Non seulement j'y ai retrouvé une ambiance propre au monde de l'hôtel que malgré tout, j'aime mais c'est en plus une belle histoire d'amour, d'amitié, de souffrance, de solitude.
C'est un livre très fort, très triste, très dur même dans un sens.
Le baron est vieux, il a passé près de 50 ans dans la suite 204 du Grand Hôtel et des Palmes, c'est peut être le meilleur client de l'hôtel mais pourtant, il est si fragile qu'on a envie de lui prendre la main et de lui chuchoter que ça va aller, en italien, parce que c'est la seule langue que sa mère lui a apprise, la seule qu'il comprend.
Il y a un passage que j'ai particulièrement aimé, parce que pour moi, il est plein de douceur, plein d'amour, plein de souffrance, plein de nostalgie.
Il est en français, en anglais et en italien. Les trois langues que je suis capable de vraiment maîtriser et de comprendre. Et je crois que c'est pour ça que j'ai aimé ce passage à ce point-là. C'est un peu la preuve que parfois une seule langue ne suffit pas à dire tout ce qu'on a sur le coeur.
...
la suite 204
et elle pleura, pleura
à coups de sorry, sorry
à coups de tomorrow
tomorrow, honey,
sorry, sorry
I must leave
I must leave
et lui,
il donnait des tapes douces dans son dos
nu, dans sa robe,
il tapotait son dos, la calmer, chut,
amore,
pchhhh...
amore, tutto andrà bene
non ti preoccupare,
sono qui
et lui,
il ne comprenait pas l'anglais
il comprenait
sorry
honey
il ne comprenait pas I must leave
il en craignait
il en saisissait
le sens
non ti preoccupare
amore
sono qui
con te
sorry, sorry,
honey
I must leave
lo so
lo so
lo capsco, amore
calmati,
calmati, amore,
sono qui...
PS : merci encore frérot pour ce magnifique cadeau d'anniversaire ! :-)
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