Soirée avec Philippe Claudel
Tamara, Fashion, Caro[line] et moi nous sommes retrouvées ce soir au 98, rue des Entrepeneurs dans le XVè, au sein de la librairie Voyelle afin de participer à la soirée dédicace de Philippe Claudel pour son dernier livre, Le rapport de Brodeck.
En ce moment, je crois que Philippe Claudel fait un petit tour de France car Sylire a également participé à une rencontre du côté de chez elle, à Brest. Elle nous en parle là.
Pour ma part, j'ai trouvé la soirée très intéressante.
Philippe Claudel nous a parlé de son livre (que je n'ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder), et du fait qu'il parlait du génocide en général et pas seulement de la Shoah.
D'après mes souvenirs de l'article qu'a fait Sylire, il a dit à peu près la même chose (et c'est tout à fait normal). Je vous laisserai donc le plaisir de lire son article, qui est très complet je trouve.
Ce soir, il nous a aussi parlé de sa façon d'écrire. Et c'est plutôt ça que j'ai envie de partager avec vous.
Il écrit comme il lit.
Il écrit d'abord le début, sans savoir ce qu'il va se passer ensuite. Et il termine par la fin.
Il écrit toujours deux, voire trois choses en même temps (roman et/ou scénario), il passe de l'un à l'autre, selon son humeur, dans la même journée, dans la même heure.
Et surtout, il écrit quand il en a envie seulement.
J'adore le fait que ça reste un plaisir uniquement, et pas une contrainte (comme on peut le supposer peut être pour certains auteurs qui doivent absolument pondre quelque chose pour payer leur loyer ??)
Et puis il nous a parlé de ses personnages qui vivent en lui et qui attendent, plus ou moins patiemment, qu'il raconte son histoire.
C'est tout une sale d'attente qui existe chez Philippe Claudel.
Brodeck attend depuis trente ans, à peu près. Et il s'est fait court-circuiter par monsieur Linh, qui est passé devant tout le monde, pour que Philippe Claudel nous raconte son histoire.
J'adore cette image.
Je trouve ça magnifique. 
En plus, ce que j'aime dans les personnages qui attendent dans la salle d'attente, c'est qu'ils sont patients. Et lorsque l'un ne l'est pas et qu'il grille tout le monde, personne ne bronche. Leur tour viendra.
Mais viendra-t-il ?
Il nous a dit que pour le moment, personne n'attendait. Il a mis le panneau "absent, revenez plus tard".
A la fois parce qu'il est pris par son film et n'a même plus le temps de lire (et nous lui avons demandé où en était sa PAL! ;-)), à la fois parce qu'il a le sentiment qu'il est arrivé au bout de ce qu'il cherchait.
Ca serait dommage que ça soit son dernier roman en tout cas.
Même si je n'ai pas adoré Les âmes grises, j'ai gardé un très bon souvenir de La petite fille de Monsieur Linh. Et puis le fait de passer la soirée avec l'auteur m'a convaincu de le lire, là, maintenant, tout de suite!
Je repose le seigneur des anneaux.
Je fais une parenthèse à la 130è page (même si ça me plaît, ça me demande trop de concentration !) et je me plonge tout de suite dans Le rapport de Brodeck.
Et je terminerai par dire que j'ai trouvé Philippe Claudel très humain, ouvert, simple, généreux dans un sens aussi.
Il a terminé la séance questions/réponses par une lecture. Le début de La petite fille de Monsieur Linh et le début du Rapport.
J'ai été étonnée par le changement de ton qu'a pris sa voix entre les deux. Pour le premier, la voix était douce. On aurait dit celle d'un père lisant un conte à sa fille (même s'il ne s'agit pas là que d'un conte!). Pour le second, il s'est mis dans la peau de Brodek et j'ai senti un peu de peur, ou de mal-être. Et lorsqu'il prend la parole des "autres", le ton était beaucoup plus cruel.
Je ne sais pas du tout si Tamara, Fashion et Caro[line] ont ressenti la même chose que moi. Etant partie dans la direction opposée, je n'ai eu le loisir d'en discuter avec elles.
En tout cas, j'ai passé une très belle soirée et je vous remercie de m'avoir suivi les filles :-)
Et désolée pour celles qui ont eu un empêchement, mais je suis sûre que l'occasion se représentera (voir Caro[line] à ce sujet pour une éventuelle dédicace de Blondel la semaine prochaine!)
De plus, sachez, vous lectrices (eh oui, là c'est bel et bien réservé aux femmes!) que P. Claudel aime le rapport que les femmes ont avec les livres. Ca lui fait plaisir de savoir qu'on le lit au lit, ou que ça rend les maris jaloux ;-)
Alors je vais me régaler en vous quittant tout de suite pour me glisser sous les couvertures avec Claudel ! ;-)
PS : P. Claudel nous a parlé de plein d'autres choses. De la littérature en général, des adaptations cinématographiques des livres, de ce que doit être un livre pour lui, beaucoup du Rapport de Brodeck bien sûr, il a également inventé un mot "la marcleviade" ou "le", je ne sais pas ;-)... Bref, trop de choses aussi intéressantes les unes que les autres, mais que je ne saurai retranscrire ici.
Je laisse le soin aux filles de le faire, si elles en ont envie ! :-)