Si c'est un homme, Primo Levi

Publié le par Emeraude

J'avais étudié la première page de ce texte quand j'apprenais l'italien au lycée, pour le bac. J'avais par la suite lu "Se questo è un uomo", en français.
Pourtant je n'en avais aucun souvenir. Et quand j'ai lu quelques lignes dans Cercle que Primo Levi lisait un roman français en attendant la libération (en gros) je me suis dit qu'il fallait absolument que je le relise.


Et je dois avouer que j'ai été surprise. Je m'attendais à de l'horreur, beaucoup d'horreur. Je m'attendais à être complètement boulversée, écoeurée, émue, retournée...
Alors qu'en fait pas du tout.

Et c'est en lisant l'espèce de postface dans laquelle Primo Levi répond à certaines questions qui lui ont été posées plus d'une fois par ses jeunes et moins jeunes lecteurs que j'ai compris pourquoi.

Primo Levi témoigne du temps qu'il a passé dans le camp de concentration. Il explique comment les choses se passaient là bas. Il raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a vécu, ce qu'il a pensé, ce qu'il a compris.
Il ne parle pas des chambres à gaz car même s'ils en parlaient alors, personne n'était vraiment sûr.
Il parle des gens qu'il a croisé, du travail difficile l'hiver, des blessures aux pieds, de la manière dont les uns et les autres se débrouillaient pour manger un peu plus, travailler un peu moins etc...

C'est un témoignagne de faits uniquement.
Pourtant on ne peut pas y être insensible. Car si je n'ai pas été émue, boulversée et écoeurée, j'ai tout de même été très sensible à cette vision des camps que j'avais complètement oublié de ma première lecture.
La survie des hommes en milieu hostile. Le fait que finalement, c'était encore pire d'être un peu mieux loti car à ce moment là on se souvenait qu'on était un homme....

C'est sûr que Si c'est un homme est un témoignage extraordinaire, un livre indispensable pour la Mémoire. Un livre nécessaire qui a le mérite, finalement, de nous faire voir les choses telles que Primo Levi seulement les a vécues, sans haine envers les allemands, sans nazi qui battent à mort pour un oui ou pour un non.
J'ai du mal à m'exprimer mais ce genre de scène atroces qu'on a tous vu ou lu ou entendu n'est pas présente dans Si c'est un homme. Et pourtant Primo Levi nous raconte son camp de concentration.

Publié dans Littérature italienne

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K
Ma mère me l'a offert il y a des années et je me suis enfin décidée à le lire il y a quinze jours. J'ai été surprise moi aussi de ne pas lire les atrocités auxquelles je m'attendais... Mais ce récit sans haine ne m'en a semblé que plus fort.
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E

je suis ravie de voir que nos avis se rejoignent !


C
Une lecture en effet indispensable et édifiante dont tu parles très bien.
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L
Je me souviens avoir gardé de longues années dans mon portefeuille le poème figurant au début du livre...
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E

c'est cette première page là qu'on avait étudié pendant longtemps lors de mes cours d'italien en terminale. Ca remonte à loin mais quand j'ai relu j'ai eu une
le souvenir d'une certaine émotion...


A
Je crois que c'est mon livre préféré..
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E

ça, ce n'est pas rien !


A
J'ai lu ce livre il y a fort longtemps et je me souviens l'avoir beaucoup aimé. Par contre je ne m'en rappelle plus du tout ..... :(
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E

Relis le alors ! :-)