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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 06:38
  José Saramago a un don pour imaginer des choses incroyables qui dérouteraient complètement le fonctionnement de notre société, si elles venaient à se réaliser un jour.

Ici, il imagine un pays quelconque où la mort va prendre des vacances. "Et le lendemain, personne ne mourut".

Ca commence comme une évangile. Et pendant six mois, dans ce pays et ce pays uniquement, personne ne meurt.
Enfin la vie éternelle ? Est-ce si bien que ce qu'on a toujours voulu croire ? Eh bien non. Ne plus mourir est synonyme de problèmes sociaux, de problèmes écnomiques, de problèmes de place. Car on ne meurt pas, certes, mais on n'a pas la jeunesse éternelle non plus.

Jusqu'à ce qu'un jour, la mort décide de reprendre du service.
On va alors suivre la mort, telle que José Saramago l'imagine. C'est à dire la mort des être humains uniquement et dans ce pays là uniquement. Pas la Mort avec une majuscule. Non, la Mort avec une majuscule, elle, semble plutôt exster pour la fin des temps.

La deuxième partie du roman se déroule donc autour de la mort et du fait qu'un violoncelliste qui aurait dû mourir, est toujours vivant.
La mort va alors utiliser des subterfuges pour arriver à ses fins...

Que dire ?

C'est du Saramago tout craché. Avec ces phrases longues, sa ponctuation bien à lui, avec une touche d'humour parfois, avec ce thème si propre à Saramago...

J'ai aimé, comment pourrais-je ne pas aimer ? Mais un petit quelque chose m'a gênée. Ce petit quelque chose tient surtout dans la tournure que prend le récit lorsque nous suivons la mort elle-même, que nous la voyons écrire ses lettre violettes... J'ai continué de lire parce que cet écrivain portugais a une plume extraordinaire, mais cela partait beaucoup plus dans une espèce de conte ou de fable fantastique, qui m'a moins plu.

En y réfléchissant, il y a beaucoup d'autres choses qui m'ont plu. Notamment la place que tient l'Eglise. Parce que, évidemment, s'il la mort n'est plus, cela pose aussi un problème à l'Eglise et à dieu. J'ai eu comme l'impression qu'il essayait de nous dire que l'Eglise ne servait à rien, qu'elle faisait semblant juste pour rassurer les humains (il le dit très clairement d'ailleurs à un moment donné). Et si je respecte les choix religieux de chacun, cela correspond tout à fait à la vision que j'ai moi-même de la religion.

Et puis autant être honnête, j'ai eu du mal à comprendre ce qu'il a essayé de nous montrer par les intermittences de la mort. Est-ce tout simplement qu'on devrait se rendre compte de la chance que l'on a de vivre et de mourir ? Qu'on devrait arrêter de se plaindre ou d'avoir peur de la mort ? Peut-être qu'il veut nous montrer qu'il ne faut pas avoir peur de la mort après tout, vu le chaos que ce serait si elle n'était plus et qu'on vivrait tous, vieux et malades, sans peronne pour payer nos retraites!

Bref, ce fut un billet un peu fouilli mais finalement, c'est toujours très délicat de parler d'un roman de Saramago parce que c'est à la fois complexe par les métaphores suggérées, un peu lourd par la ponctuation mais génial par le tout combiné !
Par Emeraude - Publié dans : Littérature portugaise
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Commentaires

C'est un auteur qu'il faudrait définitivement que je découvre... j'en ai d'ailleurs deux de lui dans The Pile!! Il m'intrigue pas mal!
Commentaire n°1 posté par Karine le 30/07/2008 à 12h55
bah alors, qu'attends tu ?? ;-)
Réponse de Emeraude le 01/08/2008 à 22h32
je crois que Saramago se moquait plutot des gens qui ne veulent pas mourir, du rapport que ns avons avec la mort, mais surtout des sociétés modernes basées sur un système préétabli (naissance vie mort) qui perdent les pédales dès que l'on de ses rouages s'enraie et qui sont obligées de revoir leur discours ou attitude devant les masses. Et l'Eglise, ou les philosophes, en prennent leur grade ! Comme toi, la deuxième partie m'a surprise, voire fait tiquer, puis je me suis laissée aller. Mais j'ai préféré la première partie !
Commentaire n°2 posté par amanda le 30/07/2008 à 22h41
il se moque tout le temps des sociétés modernes, il me semble
Réponse de Emeraude le 01/08/2008 à 22h33
Pas encore lu cet auteur ...
Commentaire n°3 posté par anjelica le 31/07/2008 à 07h20
ah mais c'est très mal !!! ;-)
Réponse de Emeraude le 01/08/2008 à 22h33
tu m'intrigues également, je vais voir s'il y a des livres de cet auteur à la bibliothèque
Commentaire n°4 posté par Stéphanie le 31/07/2008 à 07h44
s'il ne s'agit que de ça, je peux t'en prêter ! fashion aussi d'ailleurs, étant donné que je lui ai envoyé l'aveuglement pour le lotobook :-)
Réponse de Emeraude le 01/08/2008 à 22h34
A cause de son style (et donc de la ponctuation), je n'ai jamais osé me lancer dans les oeuvres de cet auteur car je ne suis pas sûre d'apprécier.
Commentaire n°5 posté par Joelle le 31/07/2008 à 18h19
c'est vrai que le style peut être difficile. Il faut passer outre pour rentrer dans l'histoire. C'est une question d'habitude mais sans ça, ça ne serait plus Saramago !
Réponse de Emeraude le 01/08/2008 à 22h34
Bien qu'ayant lu quelques romans de cet auteur, il reste pour moi une énigme, car j'ai bien aimé certains et d'autres pas du tout.
Commentaire n°6 posté par maijo le 07/08/2008 à 21h25
tu as lu lesquels ? Et lesquels as-tu aimé? Et pourquoi as-tu aimé certains et pas d'autres ??
Réponse de Emeraude le 10/08/2008 à 21h38
Belle présentation, elle donne envie de découvrir cette œuvre
Commentaire n°7 posté par cyrille mani le 02/09/2010 à 17h43
Il faut dire que, en ce qui concerne l'ironie, c'est une des caractéristiques principales de l'écriture saramaguienne, et il l'utilise magnifiquement aussi pour ridiculiser ce qui lui paraît une évidence, mais que la majorité ne voit pas, comme le rôle de l'Eglise,les hypocrisies gouvernementales et leur liaison avec la corruption - dans le récit, avec la soi disant maphia, avec 'ph', différente des mafias "traditionnelles". Voilà un exemple de l'ironie saramaguienne: peut-il exister une mafia meilleure qu'une autre? Dans un cas si grave comme les conséquences de l'absence de mort dans un pays "x"? Tout est imbriqué. Saramago incite à la reflexion tout en présentant un texte culte et accessible à la lecture des gens sans études universitaires. Même à ce propos il est unique!
Roselis BATISTA R .
Commentaire n°8 posté par BATISTA R., Roselis le 08/11/2011 à 13h18
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