Seul dans Berlin, Hans Fallada

Publié le par Emeraude

undefined Seul dans Berlin, c'est le quotidien d'un quartier de Berlin, pendant la seconde guerre mondiale. On cotoie les Quanguel qui vont, à leur manière, faire un peu de résistance. On va également y cotoyer Enno Kluge, un homme qui ne vit qu'aux crochets des femmes et parient aux courses, Frau Rosenthal, une vieille juive qui a peur. Mais aussi le commissaire Escherich, la Gestapo, les SS, les voisins qui s'épient et tous ces gens innoncents, ou non qui vont avoir quelque chose sur la conscience.

En lisant les trois premières pages, je me suis dit "tous les livres traitant de la seconde guerre mondiale se ressemblent". En effet, j'avais une fort impression de déjà-vu (c'est une période de l'histoire à laquelle je suis très sensible et j'aime beaucoup lire à ce sujet, que ce soit de la fiction ou non), déjà-vu qui s'est renforcé au fur et à mesure que je tournais les pages.
Après avoir lu les 500 pages, je me demande encore si j'ai déjà lu, ou non, un jour, ce livre. C'est très étrange comme sensation mais si j'ai déjà lu ce livre, il ne m'avait vraiment pas marqué !

Et dans ce cas, je dois dire que cette impression est confirmée. J'avais entendu beaucoup de bien de ce livre, la quatrième de couverture est également très élogieuse : "Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIè Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité".
Je ne sais pas si c'est vraiment réaliste mais en tout cas, je suis assez d'accord sur la manière dont les conditions de survie sont décrites.

Tout est très détaillé. L'objet principal est l'activité illégale des Quangel, mais on suit quand même le chemin des voisins de la rue Jablonski, ainsi que celui du commissaire qui recherche celui qui l'appelle "le trouble-fête", et parfois de personnages secondaires qu'on ne reverra jamais par la suite.
Que ce soit leur cheminement intérieur et ce qu'ils pensent de la politique, d'Hitler et de leurs voisins qui ont peut-être été leurs amis avant la guerre ou tout simplement le chemin que la guerre, la faim, la peur va les amener à prendre.

Je dois le dire, c'est un bon roman qui, effectivement, décrit très bien cet aspect du nazisme qui a fait ressortir la folie des hommes.
Cependant, j'ai plutôt eu l'impression de lire une sorte de documentaire, ce qui en soit n'est pas une mauvaise chose, mais qui n'est pas forcément ce que je recherchais non plus.
De plus, j'ai commencé à trouver ça assez long vers la fin, sachant qu'on sait comment ça se termine pour tout le monde. Il ne s'agit que de savoir, de comprendre, de les accompagner dans leur manière d'être bons, méchants, fous, intelligents, subtils, forts ou courageux.

C'est donc pour moi un roman intéressant mais qui ne m'a pas vraiment touchée, malgré les horreurs qui y sont dénoncées.
Je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages. Peut-être, justement parce que Hans Fallada détaille tellement tous les faits et gestes, les actes, les conséquences et bien sûr les pensées de tous ces personnages que j'ai réussi à voir une explication plausible dans chacun de leurs faits et gestes. Même aux plus méchants, mêmes aux plus insignfiants.

Tout ça est quand même lourd. Est-ce le sujet lui-même qui est trop lourd ? Je ne sais pas. Mais si je ne suis pas d'accord avec Primo Levi qui a dit que c'est "un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie", je suis d'accord sur le fait que c'est un très bon roman, à lire, mais pas pour se reposer !

PS : ce livre a été lu dans le cadre du challenge ABC 2008 version tour du monde en 80 jours !

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Commenter cet article

Nanne 30/01/2008 21:13

Je me souviens d'avoir lu "Seul dans Berlin" très rapidement, avec la peur au ventre, même si je savais le destin de ces personnes qui osaient une résistance au nazisme en Allemagne. Ce que tu dis est vrai concernant le côté un peu documentaire du livre. C'est l'effet que cela donne, sans doute parce qu'il est inspiré des actes de résistance de la "Rose blanche" de Hans et Sophie Scholl. Si tu t'intéresses à cette période, il faudrait que tu te procures "Trame d'enfance" de Christa Wolf ou encore "La résistance des coeurs" de Nathan Stoltzfus. C'est inoubliable ...

Emeraude 31/01/2008 10:00

merci pour les titres, je note!

papillon 15/01/2008 19:06

Tu devrais mettre un compteur sur ton blog : reste tant de livres et tant de jours pour faire monter le suspense !!!

Emeraude 16/01/2008 09:54

C'est une bonne idée ça tiens ! Faudrait que j'y pense !!! ;-)

arpenteur 15/01/2008 18:53

Je lis énormément aussi sur cette période, et évidemment, celui-ci est passé entre mes mains.
J'avais aimé, mais sans être emporté.
Pour ceux que le sujet intéresse, j'ai une liste intéressante, je crois, de bouquins là-dessus
PS : comment tu fais pour lire autant et si vite??

Emeraude 16/01/2008 09:53

Comme toi, je n'ai pas été très emportée. Et pour lire autant et aussi vite, j'ai deux bonnes raisons : 1. je n'ai pas la télé. 2. en ce moment, je n'ai pas de boulot :-)

Anne 15/01/2008 15:59

J'avais noté ce livre suite à une interview d'auteur chez Caroline. Là j'avoue que je suis un peu refroidie...

Emeraude 16/01/2008 09:52

je l'avais aussi acheté à la suite de l'interview chez Caro[line], mais bon  ça reste un bon roman...

Karine 15/01/2008 13:10

Tout comme toi, le sujet de la 2e guerre mondiale me touche beaucoup et j'aime beaucoup lire à ce sujet. Par contre, je ne sais pas si je suis tentée par ce livre, les détails dont tu parles me chicotent un peu... Je vais attendre un peu avant de noter, je pense.

Emeraude 15/01/2008 14:10

Je vais te répondre la même chose qu'à Goelen. C'est un bon livre malgré tout!