Narcisse et Goldmund, Herman Hesse

Publié le par Emeraude

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De Herman Hesse, j'ai lu Siddartha qu'on m'avait judicieusement conseillé et que j'ai beaucoup apprécié. C'est pourquoi je n'ai pas hésité à noter Narcisse et Goldmund à la suite de l'article de Kalistina.

Narcisse est un moine et Goldmund un enfant très doué que se voit confier Narcisse. Entre les deux hommes va se lier une amitié. Cette amitié va leur permettre alors de trouver leur voie.
Goldmund comprend que la vie monacale n'est pas pour lui alors que Narcisse reste au cloître.

On va suivre Goldmund dans toute sa vie errante, dans ces aventures nombreuses avec les femmes, durant les quelques années où il se posera quelque part, dans les moments où il aura un compagnon...
On suit Goldmund surtout dans sa quête de soi.

J'ai d'abord beaucoup apprécié le style, tellement différent de ce qu'on lit aujourd'hui. Et puis il faut l'avouer quand même, je ne suis pas une grande fan des classiques et au bout d'un moment, je me suis lassée.
La quête de soi, c'est long, il faut passer par plein d'étapes pas toujours facile. Il faut apprendre plein de choses comme la philosophie, l'art, la pscychologie aussi, et il faut apprendre tout seul, en faisant son propre chemin.
Tout cela est très intéressant, je le reconnais.
En ça, ce roman est très riche. Il contient beaucoup de choses pour qui se pose des questions sur la vie, sur le sens de la vie, sur Dieu, sur la religion, sur les beautés et les malheurs de ce monde.

Ce livre a beaucoup de qualité et si je le reconnais sans difficulté, je reconnais aussi qu'a plusieurs reprises j'ai eu envie d'abandonner.
Peut être parce que ce roman pose tout un tas de questions sans forcément apporter les réponses et qu'il n'y a pas vraiment de rebondissement.
Peut être aussi parce que le style devient trop lourd à mon goût, parfois.
Sûrement parce que j'ai tendance à être adepte de l'action et que dans la vie de Narcisse et Goldmund, il ne se passe pas grand chose.
Tout est dans la tête, tout est dans la recherche. Même si bien sûr, Goldmund va rencontrer des problèmes, des personnages intéressants qui vont lui apporter des éléments de réponses ou encore des moments de pur bonheur.

C'était déjà le cas avec Siddartha et je ne sais pas si c'est le cas pour les autres romans de Herman Hesse mais pour moi, ce roman est un manuel de philosophie.
J'ai préféré Siddartha parce que moins long et donc plus abordable (et aussi parce que plus axé sur le bouddhisme qui m'attire plus)
Et si j'ai du mal à rédiger un billet censé, j'ai tout de même apprécié. Mais je n'en ferai pas mon livre de chevet!
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Ariane F 04/01/2008 15:28

Je dois défendre Narcisse et Goldmund, car j'adore ce livre...
Au delà du texte lui même, qui est, tu l'as dit toi même, d'une grande richesse, je pense qu'il faut le replacer dans son contexte historique pour l'apprécier pleinement. Hesse a écrit ce livre alors que les nazis montaient en puissance et il "voulait célébrer l'âme allemande, justement parce qu'aujourd'hui, [il] abhorre tout ce qui est typiquement allemand" (je cite de tête, c'est ça l'idée mais pas les mots). Face à la glorification guerrière d'une Allemagne-moloch qui dévorerait l'Europe, Hesse oppose une Allemagne mythique, ancrée dans ses racines médiévales, dans ses cloitres et ses forêts, une Allemagne toute entière partagée par la dualité qui est celle de Narcisse et Goldmund : la spiritualité, l'élan vers la religion d'un pays profondément chrétien, un pays de pasteurs et de penseurs, et les forces dionysiaques, l'exubérance sensuelle et baroque d'un pays marqué par la mythologie scandinave, un pays qui a vu les deux tiers de sa population ravagés par la peste puis, quelques siècles plus tard, par la guerre de trente ans et qui a donc connu la période baroque la plus riche de toute l'Europe (les vanités, la Nef des fous, les sculptures morbides, l'obsession de la chair et de la mort... le visage d'ombre de l'Allemagne). Hesse adresse aussi un avertissement à sa terre comme au reste du monde en montrant comment cette part obscure peut glisser dans la folie meurtrière, comme par l'épisode de la rue juive incendiée lors de l'épidémie de la peste... Narcisse et Goldmund est un roman d'initiation et une superbe réflexion sur l'artiste, mais aussi un testament de la vieille Allemagne avant qu'Hitler ne la macule de brun et de sang...
Euh... me suis-je laissée emporter ? ;)
Je t'embrasse

Emeraude 04/01/2008 23:43

Eh bah ! Merci pour toutes ces précisions Ariane :-) Et non, tu ne t'es pas emportée, enfin, peut être que si, mais c'est plutôt sympa ;-)

Nanne 21/12/2007 22:01

Il faut reconnaître, Emeraude, que tu n'as pas choisi l'auteur allemand le plus simple à lire et à présenter. Pourtant, "Narcisse et Goldmund" fait partie des ouvrages les plus faciles à lire ... C'est un peu lent, parfois long, mais c'est un livre magnifique.

Thom 11/12/2007 21:25

Franchement, jette-toi sur "Le loups des steppes", un des plus grands livres de tous les temps (je pèse mes mots)...ça effacera bien vite la semi-déconvenue de "N&G" ;-)

Emeraude 11/12/2007 23:03

D'un autre côté, ça ne m'a pas vraiment donné envie d'en lire d'autres... mais bon, je note dans un coin de ma tête ! :-)

Magda 11/12/2007 09:44

oh là làààààààààààààà il n'y a donc personne ici pour défendre ce bouquin, qui est l'un de mes grands favoris? Perso, je déteste la philo (les concepts, ça me gave, moi j'aime les émotions) et ce livre m'a transportée littéralement... bon bah tant pis, je te pardonne parce que tu as dit quand même que tu avais aimé le style de Hesse! ;-)

Emeraude 11/12/2007 09:47

Il n'y a effectivement pas grand monde pour défendre ton favori ! Et j'avoue que même moi, avec le recul, j'ai un peu du mal... J'ai bien aimé le style parce que c'est différent de ce que je lis d'habitude et qu'une fois de temps en temps, ça fait du bien. Mais c'est sûr, je ne pourrai pas lire ça tous les jours! :-) (tu m'en veux pas trop quand même ? ;-))

Thom 09/12/2007 10:17

J'en avais dit du mal ici :

http://legolb.over-blog.com/article-13277359-6.html