Il ne vous reste qu'une photo à prendre, Laurent Graff

Publié le par Emeraude

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Je profite d'une insomnie passagère (j'espère qu'elle est passagère, ça faisait longtemps que je n'avais eu d'insomnie!) pour venir vous parler de ce livre.

Alain Neigel est un photographe amateur qui n'a pas touché à un appareil photo depuis la mort de sa bien aimée, il y a de cela 20 ans.
Il a bien vécu ceci dit. A 55 ans, il a beaucoup voyagé et a eu beaucoup de maîtresses. Aujourd'hui, il en a une seule, Clara, qui le satisfait pleinement.
Au cours d'un week-end à Rome, elle insiste pour qu'il emmène son vieil appareil photo, un argentique bien sûr.

Et alors qu'ils sont en train de lancer une pièce le dos tourné à la fontaine de Trévi, un homme en manteau beige leur propose de les prendre en photo. Ce qu'Alain avait réussi à éviter à plusieurs reprises malgré les demandes de Clara.
En leur rendant l'appareil, l'homme lui dit "Il ne vous reste plus qu'une photo à prendre", et lui tend une carte de visite.

Qui est cet homme ?
Qu'y a t il à cette adresse ?
Pourquoi Alain ressent-il le besoin d'en savoir plus ?

Ce livre est très métaphorique et je vous déconseille fortement de le lire si vous avez une migraine (mais bon, si vous arrivez à le lire avec une migraine, comme moi, c'est qu'il vaut vraiment le coup!)
C'était mon premier Laurent Graff et je dois dire que j'ai vraiment apprécié son écriture. Limpide, et chantante presque. On y trouve de très belles descriptions des rues de Rome et de la place de la fontaine de Trévi, mais aussi des descriptions de détails assez inattendus ("Les chaises, en bois blanc, garnies d'un cannage en bois rouge, paraissaient délicates et fragiles avec leurs pieds effilés comme des talons aiguilles sur les dalles de granit foncé" p.69), qui donne un air de vie italienne à tout ce qui entoure Alain Neigel.

Pourtant, l'air est légèrement paniquant. C'est Alain qui nous raconte son histoire et on sent bien ce qu'il ressent. A la fois de l'inquiétude à certains moments, mais surtout de la curiosité et la recherche d'un but à la vie.
J'ai juste un petit bémol à émettre sur le fait que l'épilogue est raconté à la 3è personne du singulier alors que tout le récit est écrit à la 1ère. On ressent alors cet effet de prise de recul, ce qui est certainement fait pour, qui m'a dérangée.
Le tout est cependant très intéressant et superbement écrit.

On se demande aussi quelle photo on prendrait si nous n'en avions plus qu'une.
M. Neigel va croiser le destin d'autres personnages qui vont eux aussi faire cette expérience. Chacun aura sa dernière photo à prendre, que ce soit avec un appareil photo numérique dont les poses ne s'épuiseront jamais, un téléphone portable dernier cri avec une mémoire pouvant tenir encore un nombre de photos infini, ou bien un vieil appareil argentique où les 24 poses de la pellicule attendront patiemment d'être développées dans un centre commercial.

Laurent Graff a su créer des personnages aussi différents qu'intéressants. On aurait aimé suivre le parcours de chacun. On comprend le choix de tous ou presque. On connaît plus ou moins leur parcours mais on aurait aimé les suivre jusqu'à Rome et après aussi. Afin de savoir en quoi cette dernière photo aura changé le cours de leur vie.
En tout cas, il y a un ambiance un peu magique qui règne tout au long du roman qui me donne déjà envie de le relire, ou en tout cas, de découvrir d'autres titres de l'auteur.

Quant à moi, j'ai beau réfléchir, s'il ne me restait qu'une seule photo à prendre.... ;-)

PS : Merci à Caro[line] de le faire circuler !

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Stephanie 11/10/2007 23:59

effectivement je confirme il faut lire le cri. Mon exemplaire est en train de circuler mais quand je le récupère, il est à toi :)

Emeraude 12/10/2007 22:46

S'il le faut, alors je me plierai aux lois des LCA ;-)

anjelica 10/10/2007 07:44

Je note ce titre et cet auteur que je n'ai jamais lu, ton résumé donne envie !
Bonne journée :)

Emeraude 10/10/2007 21:14

je ne connaissais pas l'auteur non plus! il a écrit "le cri" aussi, qui est en poche. Apparemment, il faut le lire aussi ;-)

Enigmus 09/10/2007 15:06

Grâce à toi, je tiens là peut-être ma prochaine question de la semaine. Donc merci.

;)

Emeraude 09/10/2007 23:56

pff... tricheur ;-)

Tamara 09/10/2007 12:26

Tiens, je n'avais même pas remarqué que la narration passait du "je" au "il"... J'étais trop plongée dans le récit pour m'en apercevoir !
PS : il faudrait que tu lises "Le Cri" prochainement, mais laisse passer quelques livres entre les deux Graff !

Emeraude 09/10/2007 23:54

Il n'y a que l'épilogue qui est écrit à la 3è pers du singulier. A priori, "Le cri" ne me tentait pas. Mais pourquoi pas ?

amanda 09/10/2007 10:30

dis donc tu lis plus vite que la lumière !!

Emeraude 09/10/2007 23:51

Le Laurent Graff se lit assez vite. Et puis je n'ai pas la télé, ça aide beaucoup ;-)