Les Ames grises, Philippe Claudel

Je vous avouerai tout de suite que je ne sais pas comment résumer ce roman.
Je me contenterai de dire que c'est l'histoire de la Vie et de la Mort.
J'avais lu il y a déjà quelque temps La petite fille de monsieur Linh de Philippe Claudel et j'avais vraiment beaucoup aimé.
Je n'irai pas jusqu'à dire que je n'ai pas aimé Les Ames grises mais pour autant ce livre m'a dérangé...
Déjà, après avoir lu une bonne cinquantaine de pages, je me suis endormie ! Et je me suis endormie vraiment parce que j'avais ce sentiment d'ennui.
Les mots étaient beaux, la forme était poétique mais je n'arrivais pas à aller plus loin que la plume de Claudel, que je trouve vraiment très belle, au risque de me répéter.
Si j'ai aimé quelque chose dans ce livre, c'est bien le style de l'auteur, qui me rappelle quelques vagues souvenir de La petite fille de monsieur Linh.
Pour en revenir à l'histoire en elle-même, après avoir dormi un peu, je me suis plongée dans l'histoire avec une certaine passion mais toujours le sentiment que rien ne se passait et que je tournais les pages tout en restant dans le vide.
Le narrateur nous parle sans cesse de L'Affaire, et même si on sait quelle est cette affaire, j'ai eu l'impression d'être dans le flou tout au long du roman.
Pour ceux qui l'ont lu, vous allez peut-être me dire "c'est normal!". Je comprends l'effet, peut-être, que Claudel a voulu faire avec ce flou que représente le gris de nos âmes.
Mais j'étais dans le flou à cause des allées et venues que le narrateur fait dans le temps, de tous les noms des gens dont il parle, même sur deux lignes, alors qu'on ne connaît pas son nom à lui.
J'étais dans le flou parce que pour parler d'une seule "affaire", il raconte la vie de tout un village.
Je crois que j'ai bien aimé ce roman parce que le style de l'auteur me plaît.
Je crois que j'ai bien aimé ce roman parce que je pense que ce qu'il a voulu nous dire est quelque chose de fort au sujet de la vie, de la mort, de l'amour, de la méchanceté, de l'amitié aussi un peu.
Et pourtant, uniquement à cause de la façon dont le roman est construit, je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre.
J'aurai pu abandonner ce livre avant la fin. Parce que je savais que la fin ne m'apporterait aucune réponse réelle.
J'ai failli d'ailleurs m'arrêter, sachant pertinnemment que ça ne mènerait nul part. Que tout n'était que vide, un vide "gris" bien sûr!
Pourtant j'ai continué parce qu'à certains moments, j'étais captivée.
Et même si son narrateur me paraissait parfois enfantin dans ses propos (le "mystère et boule de gomme" m'a un peu choquée), je trouve que l'auteur a réussi à faire de ce roman un vrai poème.