L'insoutenable légèreté de l'être, Kundera

Publié le par Emeraude

image003.jpgJe suis toujours autant impressionée par les livres que je n'aime pas mais que je lis pourtant jusqu'au bout.

Clairement, je n'ai pas du tout aimé ce livre. Je m'attendais à quelque chose de très profond, de très philosophique. Et j'ai bien senti que c'est supposé l'être. Sauf que j'ai souvent eu l'impression de lire une dissertation d'un élève de terminale certes très brillant et avec de bonnes idées, mais encore un peu gauche dans sa manière de faire.
J'exagère peut-être un peu, je sais que Kundera est considéré comme un grand génie qui pose de grandes questions existentielles.

Ici, il est clair que la grande question est qu'est ce qui nous rend léger ? Est ce que c'est positif ou négatif d'être léger ?

Bon, la question est posée dès le début, dans une première page qui me laissait croire à une belle suite. J'ai été bien déçue.
Je me suis retrouvée dans une espèce de triangle amoureux (sans que ça en soit vraiment un) parmi trois ou quatre personnages, dans trois ou quatre villes, au milieu du communisme et des intellectuels, tout ça dans une écriture qui m'a fortement déplue.

Ce qui m'a surtout déplu c'est le fait que Kundera, de temps à autre seulement, s'infiltre comme auteur/écrivain/narrateur en disant "je".
Je ne suis absolument pas contre le fait qu'un narrateur se montre comme écrivain, mais qu'il le fasse franchement alors. Car ici, le narrateur nous parle de Tomas et Tereza à la troisième personne mais de temps en temps on peut lire (comme dans une dissertation!) "j'ai déjà dit que" ; "je vous ai dit dans la première partie..." , "ce que je vous ai caché c'est que...".
Le pire, pour moi, c'est quand il nous dit clairement que Tomas et Tereza en tant que personnages ne sont pas nés d'une chair maternelle mais de situations qu'il a lui même vécues.
C'est une façon qui peut plaire, mais, et au risque de me répéter, ça m'énervait de découvrir l'auteur/narrateur/écrivain comme ça, surgir au milieu de nul part, repartir sans nous laisser comprendre vraiment l'intérêt de son appartition.

J'ai eu le sentiment de lire quelque chose qui cherche à être complexe mais dont l'écriture est trop simpliste.

Et tout au fil du roman, alors que je continuais à tourner les pages (mais pourquoi ? c'est qu'il doit quand même y avoir quelque chose de bien derrière tout ça) j'avais le sentiment d'un ennui mortel et je ne cherchais qu'une seule chose, c'était arriver à la fin du livre...(mais pas fermer le livre avant la fin!)

Je terminerai tout de même cet article sur une note positive. Tout simplement parce que j'ai beaucoup aimé la dernière partie du livre qui s'intitule "le sourire de Karénine". L'idée générale du livre est alors devenue légèrement meilleure.

J'ai trouvé que cette dernière partie était la seule à vraiment retranscrire ce qu'il a cherché à nous dire tout au long du roman, avec une plume beaucoup plus mûre.

Ce n'est pas pour autant que je refuserai d'ouvrir à l'avenir un autre livre de Kundera. D'ailleurs si vous avez aimé ses oeuvres et que vous avez des suggestions, n'hésitez pas !

Publié dans Littérature tchèque

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

wydryck 19/08/2010 14:20


j'ai lu tout kundera sauf celui ci car ayant visionner le film je n'avais plus envie, jorn riel excellent


cecilia 25/10/2007 16:25

Je trouve ça très dommage en effet de ne pas avoir réussi à accorcher à un livre de Kundera... Mais bon après tout, je me suis bien endormie en lisant Paul Auster que tout le monde adule :p
Sur mon blog, tu trouveras un commentaire de "risibles amours" de Kundera, si jamais tu as le courage de retenter l'expérience ^^

Christophe 20/06/2007 18:46

Bonjour,

Bien qu'il soit le plus connu des livres de Milan Kundera c'est a mon humble avis l'un des moins bon.

Je te conseille vivement "l'immortalité","le livre du rire et de l'oubli" ou encore "l'ignorance". Cela dit Kundera est un auteur assez particulier donc si apres cela tu n'accroche definitivement pas c'est que vous n'etes pas fait pour vous entendre.

Cela dit il est pour moi l'un des plus grands auteur contemporain mais comme on dit "Tous les gouts sont dans la nature"

Je te souhaite une agréable fin de journée.

Christophe, "Kuderophile"