Sur un air de Montmartre

Publié le par Emeraude

J'écris d'abord pour moi.
J'écris ensuite pour être lue.

Cette fois-ci, j'ai écrit pour Bruno sans qui Montmarte n'aurait pas la même saveur.


P1010058.JPGSUR UN AIR DE MONTMARTRE


Ça commence aux Abbesses, par un doux manège qui chante les rires d’enfants.
Et puis, juste derrière vous, dans un petit square tout simple, s’érige un mur. Le mur des « je t’aime ». C’est là que Montmartre commence et ce mur vous en annonce la couleur : c’est plein de bonheur, c’est plein d’amour, c’est plein de feuilles vertes, c’est plein de touristes, et c’est plein de je t’aime !

En prenant la rue des Abbesses, vous trouvez une boulangerie originale, et vous commencez à découvrir les petites et grandes rues de Montmartre, celles qui sont pavées, celles qui sont cachées, celles qui sont complètement entortillées.

Vous cherchez la rue Lepic car c’est votre amie Amélie qui vous a suggéré de venir ici, retrouver les petits trésors cachés qu’on a tous oubliés dans une petite boîte à cigare des années 1950.
Vous marchez la tête en l’air, vos yeux sont attirés par les couleurs des épiceries qui vous offrent un étalage de fraises et de framboises, de pommes et de bananes, de légumes de toutes sortes. Votre nez est attiré par l’odeur des fromages qui vous arrivent de toutes ces fromageries qui gargouillent un peu partout.
Vos oreilles sont attirées par les langues du monde entier parlées dans ce petit village parisien, havre de paix et de joie.
Juste ici, à gauche la rue Lepic. Et tout droit aussi, c’est la rue Lepic !

Vous décidez de prendre à gauche et vous retrouvez à nouveau ces épiceries où même les artichauts ont du cœur.
Une librairie spécialisée dans les BD est coincée entre du poisson et du fromage. Vous descendez encore un peu, toujours un peu plus émerveillé, pour retrouver une épicerie fine qui vend du vin, de l’eau-de-vie, du foie gras et du sucre d’orange !
Vos papilles ne font qu’un tour et vous ne résistez pas à entrer, à regarder, à toucher les petits trésors de Montmartre.

Juste en face, voilà le café des 2 Moulins. Votre amie Amélie vous y sourit. Vous commandez un kir royal et vous écoutez attentivement les notes que Yann commence à jouer rien que pour vous.

Vous êtes au cœur du bonheur des rues pavées et entortillées de Montmartre et vous ne voulez plus jamais les quitter.

Vous remontez alors la rue Lepic, jusqu’en haut, tout en haut. Vous y voyez des restaurants aux noms mirobolants, des cavernes d’Ali Baba dans des passages dont vous ignoriez encore l’existence deux mètres plus tôt. Vous avez la tête en l’air, et sous les arbres se trouvent des maisons magnifiques, des petits appartements charmant dont les heureux habitants fument une cigarette, flottant sur le balcon.

Vous découvrez un moulin, un restaurant qui s’appelle La Maison Rose, un autre qui s’appelle Le Lapin Agile qui vous raconte son histoire de cabaret et d’artistes. Et, alors que vous étiez seul jusque-là, vous commencez à sentir, à entendre et à voir un gargouillement souriant, riant, mimant, chantant et dansant.
Vous arrivez place du Tertre, avec Le Consulat, La Bonne Franquette, tous ces magasins de souvenirs qui vous offrent des peintures et des dessins du tout Paris qui va bientôt s’ouvrir sous vos pieds.
Vous devinez à peine le toit du Sacré Cœur derrière des arbres fleuris. La Place du Tertre regorge de caricatures, de peintres, d’amateurs de Salvadore Dali, de serveurs pressés en béret et en bretelles.
Vous faites le tour de la place, vous tombez amoureux d’une peinture d’un homme sur un banc avec son chien, à la simple lumière du réverbère. Une peinture grise en trois dimensions que vous avez très envie de toucher, de voler, d’emporter avec vous comme un de ses petits trésors que seul le mont des martyrs sait offrir.

Vous continuez encore un peu votre chemin, vous vous offrez le plaisir d’une glace au goût exquis, vous découvrez le tartempion, au petit creux, le musée de Montmartre, le soleil qui se couche tout doucement sur Paris.

Vous prenez la rue Norvins pour rebrousser chemin, à la fois triste de quitter cet endroit magique, à la fois heureux de l’avoir parcouru quelques instants.

Et, tout d’un coup voilà le Passe-Muraille de Marcel Aymé qui vous surprend !

Vous n’avez pas vu la moitié de ce qu’il y a à voir. Vous n’avez pas fait les vendanges dans les seules vignes qui reste à Paris, vous n’avez pas pu voir les maisons extraordinaires qui s’imposent de l’autre côté de la butte, vous n’êtes pas allé au-devant de l’Eglise admirer un Paris qui s’étale devant vous.

Mais vous avez marché au gré du vent et vous savez que le village qui fut celui des Martyrs est aujourd’hui celui des Petits Plaisirs.

Publié dans Mes écrits

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Commenter cet article

cath 02/07/2007 19:16

Celui-ci par exemple, je le prendrais bien dans ma rubrique invités. J'aime le style et l'ambiance ...

Djino 16/05/2007 00:49

Je viens de revoir Amélie, et j'ai trempé du kleenex... et là je retrouve des sensations du même ordre... Je ne suis pas parisien, donc ce n'est certainement pas cela qui me touche... non, ce doit être autre chose... Du même ordre que l'effet produit par la scène ou Amélie prend le bras du Monsieur aveugle... Oui, quelque chose comme ça...

Emeraude 17/05/2007 13:35

Tes deux commentaires me font très plaisir Djino! Je suis très contente car c'est l'effet Amélie Poulain que je voulais créer avec "Sur un air de Montmartre", c'est à dire que du bonheur! Et c'est encore mieux que tu aies eu cette sensation sans habiter Paris! Merci beaucoup